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mardi 18 janvier 2011

62 - Le temps de la gestation

Le projet du Fauteuil (Épisode 3)
Barbara succéda à Amélie et vint poser la semaine suivante. Barbara a fait partie de la première exposition à Couze. Mais elle ne vit pas cette expo. Souvenir d'un passé difficile à gérer. Cela fait dix ans que l'on se connaît, dix ans que je l'observe dans son évolution de femme. Ce qu'elle est devenue, elle ne le doit qu'à elle-même, courageuse et insoumise.
Puis Cécile suivit, après les fêtes de fin d'année. Cécile aussi c'est une amitié de longue date et une femme que j'ai vue éclore au fil du temps et de ses expériences. Pour le Fauteuil, nous avions décidé de reprendre l'idée d'un des tout premiers tableaux que j'avais fait d'elle, il y a bien longtemps. Elle ne serait vêtue que de ma veste de cuir et peut-être de son chapeau…
Pendant un temps, j'avais eu l'idée de la peindre en étant juste couverte d'un drapé mouillé.
Mais l'étude que j'ai réalisée ne nous a pas satisfait. Malgré les années d'expérience que nous avons à travailler ensemble, il nous faudra plusieurs séances de poses pour trouver. Voilà la particularité de ce projet, c'est un travail en commun, parfois difficile. On est loin de celui, solitaire des peintres en général. L'idée que cette exposition soit aussi la leur et qu'elles puissent se retrouver dans leur tableau est une condition sine qua non.

Puis elles sont toutes venues, Magali, Chantal, Céline, Marie, Isabelle et Malika. J'ai accumulé des centaines de clichés jusqu'au début de l'été. J'ai commencé par réaliser des sanguines et des fusains des poses que nous avions trouvées les plus adaptées.
Je leur ai soumis à toutes ces études en leur envoyant des courriels où je leur ai expliqué l'évolution de mon travail et je leur ai joint les photos de mes travaux. Ainsi, elles pouvaient suivre l'avancement de chacun des projets, aussi bien en ce qui les concernait elles-mêmes, mais aussi les études pour leurs consœurs. C'est comme une grande équipe, je l'ai voulu ainsi, car c'est aussi leur exposition. Sans elles, je n'aurais pu autant évoluer dans mon travail. Je suis riche de tout ce qu'elles m'ont apporté, leur présence et leur attitude qui m'ont ému, leur énergie, leur gentillesse, leur disponibilité, leur confiance.

Souvent on me demande combien de temps je mets pour réaliser un tableau. Cela ne veut rien dire et le travail d'artiste ne se quantifie pas comme celui de l'artisan. Pour chacun de ces neuf tableaux, voilà plus d'un an que j'y travaille, que nous y travaillons. Les poses, les centaines de photos, les conversations passées, les choix, les esquisses et les milliers d'images de toutes sortes qui viennent peupler mon imaginaire, puis les études, le ressenti et enfin l'exécution de l'œuvre. Le temps de la gestation, j'ai d'ailleurs un très beau texte à ce propos de Jean-Pierre Mérat, je vous le confierai au prochain message.
PS : Si elles savent toutes où en sont chacun des projets, aucune n'a vu une œuvre terminée et elles ne le verront pas, pas avant le vernissage.

3 commentaires:

  1. Gestation ,comme pour un enfant .La Bible fulminait : Tu enfanteras dans la douleur ;je préfère joie et émotion . Aattendons le texte de Jean-Pierre Mérat . Albert .

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  2. Vivement l'exposition! Au final, on commence à toutes se connaître, même celles qui ne se sont jamais rencontrées, via la main de l'artiste...

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  3. Albert = Très, très heureux de lire un commentaire de mon cher Albert. Et j'espère en lire bien d'autres, avec cet humour inimitable. Un joyeux artiste et un sacré talent.

    Céline = Ah ! Enfin, un autre modèle qui se manifeste ;-). Bienvenue sur mon blog, ma belle. L'expo ça sera pour le printemps, because la place. Car, à mon avis, il va y avoir du monde et tout le monde ne tiendra pas dans la petite salle. Alors pour les petits fours et le reste, ça sera dehors...

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