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mardi 22 avril 2014

162 - Les états d'âme des artistes.

C'est un billet qui répond à celui de Diane sur son blog "Zone de confort et zone d'apprentissage". Depuis notre rencontre, à Paris, et grâce à sa présence sur le net, je suis avec attention son parcours. J'étais content de la revoir l'été dernier et depuis je suis l'heureux possesseur d'une de ses toiles. Diane a un parcours qui me rappelle le mien, même si nous n'avons pas du tout la même démarche artistique, nous avons en commun un certain état d'esprit. Et je souris en découvrant ses questionnements qui m'ont harcelé et me harcèleront encore longtemps.

Photo extraite du billet de Diane, sur son blog.

Au début, quand je me suis installé à Bergerac, je ne savais pas quoi peindre. J'étais encore imprégné de mon univers de graphiste baigné dans celui des sports mécaniques. Les oubliés (dans la nature), vieilles carrosseries rouillées m'ont servi de trait d'union, de passerelle. J'y ai appris à manier le pastel pour y reproduire une nature qui graphiquement m'était étrangère.


Les cours m'ont beaucoup appris et nombre d'élèves m'ont souvent surpris. Aussi et enfin les nombreux stages que j'ai faits (et non animés) auprès de grand(e)s pastellistes où j'ai découvert tout un tas de techniques différentes et parfois contradictoires. Ces apprentissages m'ont parfois égaré, brouillé mes intentions.

Notre point commun, Diane et moi, c'est notre rapport aux autres et d'être conscient que sans eux, on n'est rien, sans pour cela tout y sacrifier, bien au contraire. Parmis la grande famille des peintres, je crois pouvoir dire que nous vivons notre art différemment de la grande majorité, et l'une des choses qui nous différencie, c'est notre joie à transmettre. C'est sans doute pourquoi nous peignons l'humain.

Le grand turban violet
Diane Rousseau
Sous les affiches
Jean-Charles Peyrouny

Elle écrit : "La seule vérité qui existe est la sienne (pour soi)… la tienne (pour toi)… la mienne (pour moi)." Et je l'ai expérimenté à bien des égards. À sa question, " Et vous ? Quelle est votre zone préférée ?" À propos de SA zone de confort qu'elle a abandonné, je répondrai que, en ce qui me concerne, les deux ne sont pas incompatibles. Le tout est de ne pas se satisfaire de ce que l'on fait. Mon attitude est radicalement opposée à celle de Diane. Je suis un besogneux, quelqu'un qui a besoin d'empiler les esquisses, les sanguines, les pastels. La force du travail toujours mieux fait est l'amélioration presque inconsciente de cette technique. Technique qui une fois mieux maîtrisée permet d'atteindre des subtilités jusque-là inatteignables. Mais c'est comme un couloir sans fin avec des portes tous les dix mètres. Dès que l'on a ouvert une porte, on s'aperçoit que dix mètres plus loin il y en a encore une à ouvrir. Le but est de ne jamais s'arrêter d'avancer. Or, pour ce faire, j'ai besoin de ma zone de confort et de continuer ce même couloir, plutôt que d'en emprunter un nouveau. Diane est une curieuse, elle a soif de savoir. Je suis un perfectionniste, j'ai envie de tout savoir sur un même sujet tout en sachant que je ne saurai jamais tout.

Je me suis risqué à d'autres techniques, à d'autres sujets jusqu'à y perdre mon latin. Je suis revenu à ce que j'ai envie de faire, c'est-à-dire peindre la femme à ma manière et explorer tout ce que recèle le pastel. En fait, il n'y a qu'une question que l'on doit réellement se poser : est-on satisfait de son travail ? De sa production ? Si la réponse est non, peu importe le moyen, seul compte la quête, peu importe la destination, seul compte le voyage.


Je me suis aussi engagé à défendre ce médium tant décrié qu'est le pastel, par l'intéligeancia de l'ART avec un grand A. C'est ainsi que je participe volontiers à tous ces salons qui fleurissent aux quatre coins de notre pays. Que je mets ma plume au service de quelques médias pour telle démonstration ou autres pas-à-pas. Ou bien que j'apporte ma modeste contribution au Festival des Bastides, réservés aux amateurs (seul l'invité d'honneur est professionnel), pour les encourager à continuer de peindre au pastel et qui sait, à participer à d'autres festivals (n'est-ce pas Annie, Viviane, Huguette ?). L'existance du blog est le témoin de ma passion. Je ne suis pas encore prêt à échanger mes bouts de craies contre quelques manches de pinceaux.

3 commentaires:

  1. Merci Jean Charles de nous consacrer du temps avec une si belle plume. C'est toujours pour moi un moment d'apaisement . Des moments paradisiaques ......

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  2. Je suis tout à fait d'accord avec votre article sur tous les points. Moi qui pratique ce médium avec passion, je le défends bec et ongles également. C'est tellement plus facile de tomber dans les techniques à a mode. Je ne pense pas qu'un jour, on puisse le maitriser parfaitement ce médium car il y a tant de petits bâtonnets différents, de supports, de façon de le travailler...qu'on puisse s'ennuyer! Je ne vous cache pas que l'article de Diane m'a contrariée car je ne partage pas du tout son avis! Actuellement, je travaille le pastel avec des inclusions de papier, d'encre,...moi non plus, je ne suis pas prête à échanger mes bâtonnets pour des pinceaux! Quoique, j'ai testé l'eau avec du pastel et c'est fort intéressant comme résultat! Je suis rassurée de lire votre article car vous êtes un artiste complet et à part entière. Je connais votre travail depuis longtemps et j'aime beaucoup ce que vous faîtes alors j'espère que vous n’arrêterez pas non plus les bouts de craies ;) Cordialement

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  3. Aaah Jean-Charles... tu es un peu comme un grand-frère pour moi ! ;) La première fois que je t'ai rencontré tu prenais soin des pastellistes qui croisaient ta route par tes conseils humbles et avisés... le genre de personnage qui partage généreusement sa chaleur. ;)

    Tu as rédigé un très bel article en réponse au mien... c'est sympathique ce genre de petits échanges. ^^ Mais ce qui est le plus sympathique c'est le respect des différences. Pouvoir accepter que l'autre ait son opinion, pouvoir la comprendre sans la partager ni la récrier est une preuve de grande tolérance et d'éveil intérieur. :)

    Je comprends tout à fait que tu désires défendre le pastel sec et que tu trouves en lui ton chemin d'harmonie. Je n'ai personnellement pas lâché mes pastels secs : ils ont temporairement quitté ma main. Je suis une instinctive qui exprime ses visions intérieures par le moyen le plus approprié. Il n'est pas dit que je ne me mette pas à la sculpture... et qu'un jour tu ne me croises pas sur les cimaises de Feytiat ! ;) En attendant nous avons beaucoup de choses à vivre, à apprendre, à donner et à recevoir de la vie.
    Je t'embrasse.

    Stéphanie Guyon => Désolée pour la légère contrariété. ;)

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