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lundi 28 février 2011

68 - Une nouvelle galerie !

C'est un évènement pour moi, mon entrée dans une galerie. Au passage, je remercie Line de m'avoir fourni l'info.
Dans le cadre d'une exposition d'un mois sur le thème du nu, peintres, sculpteurs, aquarellistes, photographes et pastellistes sont à l'honneur.



9 de mes tableaux y sont accrochés, pastels, sanguines, mine de plomb.
Si vous passez par Périgueux, n'hésitez pas, c'est une très belle galerie tenue par des gens très accueillants et sympathiques.
Pour un petit tour virtuel c'est par là
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Mise à jour des STATS

lundi 21 février 2011

67 - Le temps de l'étude

Le projet du Fauteuil (Épisode 5)
La pose enfin déterminée, va débuter mon travail en solitaire dans mon atelier. Première étape, réaliser une sanguine sur un carton abrasif Pastelcard couleur terre de sienne ou jaune de Naples.  Je vais aborder un côté un peu technique à cause de cette informatique qui envahit tout notre univers. Et bien oui, l'informatique a aussi envahi mon atelier.
Le poste de travail
Imprimante, scanner et appareil-photo, tous reliés à l'ordinateur qui trône près de mon chevalet. Bien sûr, certains le regretteront, bien que, sans cette informatique, vous ne seriez pas en train de lire ce blog. J'ai définitivement pris le parti que cette technologie moderne serait au service de mon expression artistique.
Pour cette étude préparatoire, j'imprime la photo de la pose au format 13 x 18, ça me suffit étant donné que l'ordinateur est tout près du chevalet et que la photographie est également à l'écran où je peux zoomer telle ou telle parti. La photographie imprimée me donne la vue d'ensemble. 
Réalisation de la sanguine
Pendant la réalisation de cette sanguine, je prends conscience des difficultés que je vais rencontrer pour le pastel. Je réfléchis également à l'ambiance au fur et à mesure que Cécile apparaît sur la feuille de papier. Je m'imprègne peu à peu du sujet et une image plus précise du futur tableau se fait jour dans mon esprit.
Etude pour le Fauteuil de Cécile
Une fois la sanguine réalisée, je la photographie puis, je la transfère sur l'ordinateur pour ensuite l'imprimer sur un papier couché mat et je vais me servir de cette base pour réaliser l'étude et dévoiler l'image que j'ai imaginée. En cinq minutes j'ai mon tirage prêt à être maquetté ! Ah la technologie…
Prise de vue de l'étude
Je me saisis des craies dures et des crayons pastel et je commence à esquisser mon projet. Si je n'aboutis pas ou si j'ai une autre idée, j'imprime un nouvel exemplaire de la photo et je commence un autre projet. Quand ma décision est prise, je scanne le projet ainsi réalisé et ensuite je l'envoie par courriel avec la photo de la sanguine et mes commentaires audit modèle, en l'occurrence Cécile, mais aussi aux huit autres.
Projet pour le futur tableau
De la sorte, elles ont pu suivre l'évolution de l'ensemble des projets. Même seul dans mon atelier, elles m'ont accompagné, tout le temps. Il en a été ainsi pour chacun des neuf tableaux.
Les projets pèle-mêle

lundi 14 février 2011

66 - Un pastel pour l'éternité

Dans ma carrière d'enseignant, j'ai parfois vécu des moments exceptionnels, comme celui que je viens de vivre. Les enfants nous réservent bien des surprises et j'ai une tendresse toute particulière pour eux. Un jour, l'une d'entre elles est arrivée avec une demande spécifique.
"Peux-tu m'aider ? Je voudrais faire un pastel pour un ami qui vient de décéder." Je l'ai regardé interloqué.
-  Il me faudrait une forêt avec un ruisseau et puis la mer, il aimait bien la mer…
-  Regarde dans les classeurs et choisis des sujets, on va voir ce qu'on peut faire. Lui ai-je répondu.
Elle sortit quatre sujets et nous avions une heure et demie pour réaliser son projet. On en a choisi deux qui pouvaient se conjuguer. Je lui ai mis en place rapidement l'esquisse et puis les valeurs à grands coups de craies, chose qu'elle n'aurait jamais osé faire. Vert, brun, noir, le sujet était en place et elle commença à poser le ciel dans le fond, à travers une trouée dans la végétation. Puis l'horizon, l'océan, la plage, les nuages... Je lui ai mis l'écume sur ses vagues et un petit coup d'estompe sur les nuages. Je lui ai montré comment poser ses rochers qui bordaient le ruisseau. J'en fis quatre ou cinq et elle en fit dix autres. Puis je lui ai posé la lumière de l'eau et elle fit l'eau. Du coin de l'oeil, j'observais son travail évoluer, la végétation s'animer, les branches que l'on devinait. Se rendait-elle compte de ce qu'elle était en train de réaliser ? Sans doute pas. Au fur et à mesure que son image apparaissait, la symbolique devenait évidente, une existence qui s'écoule entre les rochers, méandres de la vie, de ses difficultés et au bout du chemin, l'espace, la lumière, l'horizon infini, l'au-delà.
- Jean-Charles regarde mes rochers, on dirait des taches !
- Il faut y poser la lumière. Je lui ai montré et elle l'a fait.
- Et mon eau, on dirait de l'herbe, je peux l'estomper ?
- Oui, maintenant tu peux.
- Ah, ça va mieux.
- On va y poser les reflets maintenant.
Et elle fit les reflets.
Une heure et demie et le pastel était réalisé. Elle m'embrassa avec ses grands yeux pleins de reconnaissance et moi je lui ai souri, la gorge serrée. Elle s'en est allée faire un merveilleux geste de générosité. Que l'humain est grand quand il fait preuve de bonté.
Deux jours plus tard, les couleurs se sont envolées en fumée et le pastel est devenu cendre se mêlant à celles du défunt à qui l'œuvre était destinée.
Quant à moi, de toute ma vie de peintre, je n'oublierai jamais ce tableau.

lundi 7 février 2011

65 - Le temps des poses

Le projet du Fauteuil (Episode 4)
Dans le monde de la peinture figurative, il y a deux sortes de peintres, ceux qui peignent sur le motif, en extérieur pour les paysagistes, face à leur sujet mis en scène pour ceux qui peignent bouquets et natures mortes ainsi que les portraitistes et le personnage d'après modèles vivants. Et puis il y a les peintres dits d'atelier, qui réalisent des peintures d'imagination, ou de mémoire d'après croquis ou (et) supports photographiques.
Je fais partie de cette deuxième catégorie, pour trois raisons : les cours que je donne quotidiennement à l'Académie ne me laissent que trop peu de temps pour travailler sur le motif. Deuxième raison, c'est la liberté. Dans le cas de mes nus, le support photographique permet d'envisager des poses qui seraient impossibles de tenir suffisamment longtemps pour les retranscrire sur le papier. Vous avez vu également avec la réalisation du "Poulailler"(à voir ICI), dans le cadre de mes vieilles carrosseries, que le travail en atelier permet de transformer à sa guise la réalité. La troisième raison est le confort : j'aime mon atelier, l'univers qu'il renferme, l'ambiance musicale et aussi la possibilité d'y travailler jusque tard dans la nuit si besoin.

En revanche, je ne néglige pas le travail sur motif et je m'accorde toujours des séances avec mes modèles pour travailler en leur présence. Je partage également les séances de modèle vivant avec mes élèves, un mercredi sur deux. Ainsi, j’acquiers l'aisance nécessaire pour réaliser mes dessins, j'enrichis ma mémoire, je crée un lien avec mes modèles en prenant vraiment le temps de les observer, de les voir bouger, de leur parler, je m'imprègne de l'ambiance de ces séances. 
Etude en couleur d'après modèle vivant
pour Plaisir de Peindre.
Le projet du Fauteuil est justement l'aboutissement de ce travail d'études contemplatives. Ce sont plusieurs centaines de clichés, des dizaines et des dizaines de croquis, le souvenir de toutes ces séances de poses et la personnalité de chacune qui vont être à la base de chaque tableau. Mais au fait, le projet du Fauteuil, qu'est-ce que c'est exactement ? C'est, lors de cette future exposition, de rendre hommage à toutes celles qui ont accepté de poser pour moi. Le fauteuil est le fil rouge de cette exposition. J'ai demandé à chacune d'entre elles d'imaginer une pose avec ce fauteuil, SA pose. Certaines avaient une idée bien précise, d'autres non et nous avons dès lors travaillé ensemble pour découvrir ce qu'elles voulaient dégager comme image, comme ambiance.
Le deuxième projet pour le Fauteuil de Cécile
Dans le prochain épisode, je vous décrirai ce processus de création. En ce qui concerne Cécile, après l'abandon du premier projet, je l'ai invitée à venir pour une nouvelle séance de pose. J'ai étudié quelques attitudes à lui proposer avec une idée de composition, tout en sachant que le plus souvent, cette idée sert de base pour le début du travail de recherche, mais que bien souvent, la solution finale en est très éloignée. Puis le temps passa, plusieurs mois. Les autres projets se sont mis en place, certains ont même abouti et mon idée de base, pour Cécile, ne me convenait plus. Elle est revenue et nous avons de nouveau ajouté une nouvelle centaine de clichés. Nous avons cherché et enfin trouvé, le nouveau projet pouvait se mettre en place.
Les séances de poses